Un « grand » Monsieur nous a parlé un jour de la « première a droite »… mais qu’est ce que la première a droite ?

Nous pourrions la définir plus précisément comme l’action de renoncer devant un obstacle ou une peur, prendre la fuite face à une importante décision à prendre, ou encore face à une situation difficile(ou du moins qui semble difficile…).

Les grands hommes au sens large prennent-il cette première a droite ? (je dis au sens large car les « grands hommes » sont aussi bien ceux qui ont réalisé de grandes choses dans le monde que ceux qui se sont réalisés eux même en se donnant les moyens d’atteindre leurs desseins…) : NON les grands hommes ne prennent pas la « première a droite », car ils ne fuient pas devant l’évolution, la progression, le changement ! Ils assument leur volonté de réussir la vie qu’ils mènent, de la faire évoluer, et de lui construire une belle route ! Alors pourquoi tant de gens n’y arrivent pas ? Tout simplement parce que le chemin de la vie est semé d’embuches (des imprévus, des choix à faire, des évolutions possibles…) et tous ces obstacles (qui de surcroit peuvent avoir des conséquences négatives comme positives !!) sont synonymes de changement(s) et le changement fait peur !!!

Vous me direz quel est le rapport avec le sport professionnel et en l’occurrence le tennis ? Et bien pour tous les sujets le problème est le même : la routine rassure, on pense y avoir une place, on y possède des habitudes, des repères, des reflexes, les connaissances qui y afférent (intellectuelles et environnementales), on s’y protège de l’inconnu et de tout ce qui pourrai nous obliger à nous adapter, à changer, à se sentir moins à l’aise ! Parce que la routine c’est ça : accepter de ne pas évoluer pour ne surtout pas risquer de chambouler ses habitudes et ses repères!!

Seulement dans la routine que peut-on construire ? Est-ce qu’une fois que les années seront passées, et qu’il sera l’heure de tirer un bilan de ce que l’on a accomplie dans notre vie il sera possible d’être fier d’être resté dans un « cocon » qu’on aura crée sans avoir réellement essayé d’aller plus haut, de voir si notre place n’était pas ailleurs et plus ambitieuse que celle que l’on s’est fixée ??

Tout est une question de limites ! L’être humain se met des barrières, possède des croyances et des certitudes sur lui-même et sur les autres, derrière lesquelles il est plus facile de rester cloitré !

Tout ça pour quoi ??? Par peur de l’échec !! La PEUR et l’ECHEC, sont 2 mots et 2 sujets tabous !! Il est inconcevable d’assumer une peur, car dans les mentalités elle est généralement synonyme de faiblesse ! Alors que la peur est un SENTIMENT naturel et normal, qui, si il est assumée, peut parfaitement être relativisé (par la communication, la réflexion…), et surmonté ! Car on ne surmonte les choses que lorsqu on les assume pleinement ! Quant à l’échec : on a trop tendance à croire qu’il est synonyme de « fin », et donc il ne s’agirait surtout pas de prendre le risque de l’affronter ! Car il est possible de l’affronter, en se disant par exemple que même si par hasard l’objectif n’est pas atteint, le fait d’avoir essayé de l’atteindre peut amener sur de nouvelles routes sur lesquelles il sera aussi possible de construire quelque chose et de trouver des objets de satisfaction!!!…

C’est ce mal qui touche le tennis professionnel… Il est plus facile de se dire qu’on n’a pas le niveau (1ere a droite) plutôt que d’essayer d’atteindre le niveau supérieur ! Et tout est lié puisque :

Si l’on manque d’ambition > le travail fourni reste minimal > le travail ne donne donc que des résultats à la hauteur de ce qu’il est > on reste a son niveau > le temps passe > la routine s’installe ! La facilité de départ entraine la facilité quotidienne….

Au final les craintes (de ne pas y arriver) deviennent des certitudes (« je ne vaux pas mieux que ce que je suis »), et ces certitudes instaurent des barrières derrières lesquelles on se sent protégées ! Alors qu’elles sont loin de nous protéger ! Elles nous entèrent ! Nous empêchent de ressortir ce qu’il y a en nous de meilleur et avec quoi l’on pourrait réaliser de belles choses dans nos vies (atteindre les objectifs que l’on s’est fixé) ! Des choses qui nous rendraient fiers de ce que l’on a accompli quand l’âge sera venu…

Alors pourquoi ne pas essayer d’éviter d’avoir un jour à dire : « ha si j’avais bossé », « ha si j’avais essayé », « ha si j’avais plus cru en moi » … en se bougeant maintenant et en allant de l’avant en arrêtant de prendre cette « putain » de « première a droite » !!

à plus les Artistes et Merci au « grand » Bonhomme pour ses expressions toujours aussi justes…